Le constat est amer, il est sanglant, il est universel : aujourd’hui, l’Haïtien est traqué. Chez lui, il est la proie de gangs terroristes qui occupent ses rues et violent son intimité. À l’étranger, il est le proscrit. De la République Dominicaine aux Bahamas, des terres de la CARICOM aux plaines de l’Ohio, nos compatriotes subissent l’humiliation, la déportation et un mépris institutionnalisé.
Pourtant, au milieu de ce chaos, une main invisible — mais ô combien pesante — continue de tirer les ficelles. Les États-Unis, tout en barricadant leurs frontières, dictent la marche à suivre à Port-au-Prince. C’est le paradoxe du "maître-sculpteur" qui façonne un vase pour ensuite le briser. Mais soyons lucides : si l’étranger peut aujourd’hui traiter Haïti comme un objet jetable, comme un simple outil de transition ou, pour dire les choses crûment, comme un « condom » politique, c’est parce que le terrain a été balisé de l’intérieur.
Le mensonge comme système de gouvernance
Depuis trop longtemps, une certaine classe politique, en connivence avec des intérêts extérieurs, pratique la politique de la terre brûlée. Ces dirigeants mentent au peuple pour mieux piller les ressources nationales. Ils gaspillent nos richesses, bradent notre souveraineté et se cachent derrière des diplomaties de façade pendant que la nation s’enfonce. Ils ont transformé notre terre en un lieu invivable, forçant les cerveaux et les bras valides à l’exil, pour ensuite s’étonner de la maltraitance qu’ils subissent ailleurs.
Rendre Haïti vivable : Une urgence de dignité
À Radio Dife, notre ligne est claire : la persécution des Haïtiens à l’échelle mondiale ne cessera que lorsque Haïti redeviendra un foyer. Nous devons prendre conscience que personne ne respectera un peuple qui ne se respecte pas lui-même à travers ses dirigeants.
Rendre Haïti vivable n’est plus un slogan, c’est une question de survie biologique et morale. Cela exige :
La fin de la complicité : Les politiciens doivent cesser de servir de valets aux agendas étrangers qui ne visent que la stabilité de surface.
La vérité au peuple : On ne bâtit rien sur le mensonge. Le soutien populaire ne s’achète pas, il se mérite par l’intégrité et la protection des citoyens.
La gestion souveraine : Nos richesses doivent profiter aux Haïtiens. Chaque centime détourné est un clou de plus dans le cercueil de notre dignité internationale.
Le réveil de l’intelligence
Aux universitaires, aux intellectuels et aux forces vives de la diaspora : le moment n’est plus aux théories de salon. Il est à la construction d’un projet national sans passion destructrice, mais avec une détermination de fer. Nous devons forcer nos acteurs politiques à rompre ce cycle de soumission.
Si nous voulons que le monde cesse de nous traiter avec dédain, nous devons rendre notre maison respectable. L’étranger ne nous aidera pas à construire un pays fort ; un pays fort est une menace pour ses intérêts. C’est à nous, et à nous seuls, de décider que l’enfer s’arrête ici.
Haïti ne doit plus être ce pays que l’on fuit, mais celui où l’on revient pour construire l’avenir. Le feu de la conscience est allumé.
C’était l’éditorial de Radio Dife !
La Rédaction